Bayrou
 

Agenda 2012-2020 – Premier forum « Produire en France »

Compte-rendu réalisé par la section de Boulogne Billancourt :

Lors du premier forum de l’Agenda 2012-2020, la table ronde consacrée au thème du « produire en France » était évidemment fort courue.

tous droits reservés ©Soazig de la Moissonnière http://www.flickr.com/photos/bayrou2012

Animée par le sénateur Jean-Marie Vanlerenberghe, elle réunissait deux anciens ministres en la personne d’Anne-Marie Idrac et de Francis Mer et une trentaine de personnes, responsables de grandes et petites entreprises, économistes ou représentants des artisans, d’administrations ou de consommateurs. François Bayrou était présent à l’ouverture et a pris le temps d’écouter pendant une bonne heure, avant de rejoindre les autres tables rondes.

Impossible de rendre compte de toute la richesse des contributions mais voici donc quelques points glanés au passage.

Un professeur d’économie a rappelé que par production, il faut entendre toute création de valeur ajoutée en France ; le produire en France englobe donc les services. Il faut savoir que, de 1970 à 2007, la production industrielle française a été multipliée par deux pendant que l’emploi correspondant était divisé par deux. Il faut maintenant privilégier les biens et services globaux, c’est à dire la vente de produits qui incluent du service ou des innovations.

Un autre professeur d’économie a montré, nombreux chiffres à l’appui, que la part de la production nationale dans la production mondiale avait souvent varié dans l’histoire lors de mutations des modes de production ; nous avons déjà connu des hauts et des bas. A nous de ne pas céder au repli qui sclérose pour faire valoir la qualité des produits que nous produisons et saisir l’opportunité des nouvelles attentes en matière d’économie durable.

Plusieurs chefs d’entreprise ont confirmé que le protectionnisme n’était pas un remède : une société qui exporte est une société qui embauche en France et l’exportation sélectionne les entreprises les mieux armées et non l’inverse.

Au rang des faiblesses de la France ont été regrettés un tissu insuffisant de PME, le manque d’agressivité des entreprises française à l’exportation, les difficultés de transmission des entreprises familiales et l’instabilité du système juridique français.

Sur la question des coûts salariaux, les avis étaient partagés. Certains pensent que les coûts salariaux ne sont pas en soi une faiblesse, contrairement à l’insuffisante flexibilité de l’emploi. D’autres considèrent que les coûts salariaux peuvent être pénalisants dans certaines entreprises de main d’œuvre, mais pas si l’entreprise française se positionne sur le créneau de la qualité premium.

Tout le monde s’est en revanche entendu sur la richesse formidable des travailleurs français à qui il faut savoir déléguer et qui doivent toujours travailler davantage en réseau. Francis Mer a ainsi invité les participants à exploiter le « gisement majeur » constitué par la « capacité d’implication et d’engagement de chaque français ». Comme l’a indiqué un participant, je n’ai jamais vu un salarié qui n’aime pas travailler. Nous avons d’excellents ingénieurs. Dommage que nous n’ayons pas la même fierté de l’artisanat et du travail manuel qu’en Allemagne, car il y a de véritables difficultés de recrutement de techniciens ou ouvriers qualifiés sur certains créneaux.

Les entreprises françaises doivent partir du client et prendre en compte la montée en puissance de la valeur d’usage. Les consommateurs sont lassés de la consommation de masse et du jetable. Alors que la hausse des coûts de transport renchérit le coût des produits importés de basse qualité, les consommateurs sont prêts à payer plus pour avoir un produit plus solide ou bénéficiant d’un meilleur service après-vente. Le créneau des réparations est également porteur : c’est une activité environnementale, sociale et non délocalisable !

En conclusion, au vu du panel réuni, la France est riche de chefs d’entreprise qui savent se positionner et faire valoir les éléments de compétitivité hors prix de la production française : qualité, innovation, authenticité et excellence de la logistique/distribution.

A nous tous de relever le défi en œuvrant au consensus dans l’entreprise nécessaire à la promotion de NOTRE production.

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